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Actualité

Où en sont les projets d’urbanisme dans le 12e ?

Mise à jour le 29/05/2021
Arrondissement mouvant, le 12e compte un certain nombre de projets d’urbanisme qui vont potentiellement venir transformer certains quartiers mais qui doivent aujourd'hui être pensés à l’aune de l’urgence écologique notamment. Consciente de la forte attente des habitant·es à ce sujet, mais aussi des élu·es, la Mairie du 12e fait le point sur les projets en cours, leur calendrier de concertation et leurs récentes évolutions, en toute transparence.
« Nous devons aujourd’hui travailler avec les aménageurs pour que des projets d’urbanisme, qui ont été pensés il y a 10 ans et qui n’ont plus aucun sens aujourd’hui au regard de l’urgence climatique, ne voient pas le jour en l’état », a déclaré Emmanuelle Pierre-Marie, Maire du 12e arrondissement de Paris. En termes d’urbanisme, le dialogue a été engagé dès le début du mandat, en lien avec les collectifs de riverain·es, pour aboutir parfois déjà à des victoires en faveur de projets moins impactants pour l’environnement et la biodiversité. Héritant de projets issus de la précédente mandature, la nouvelle équipe municipale souhaite peser de tout son pouvoir de négociation pour amener ses interlocuteurs à revoir leurs projets, malgré les marges de manœuvre juridiques parfois minces.
La Ville n’est pas propriétaire des terrains concernés par ces projets urbains : pourquoi c’est important ?
Dans le cas d’une parcelle appartenant à la Ville de Paris, la municipalité aurait des marges de manœuvres très importantes pour imaginer de A à Z l’avenir des terrains concernés par ces projets urbains. Le foncier est la propriété de sociétés extérieures à la Ville de Paris et à la Mairie du 12e arrondissement. Cela signifie que, dès lors que ces structures se conforment au droit et au Plan Local d’Urbanisme, la Ville de Paris et la Mairie du 12e n’ont pas la main sur les opérations urbaines conduites sur ces terrains. La révision du Plan Local d’Urbanisme (PLU) actuel jugé obsolète au vu notamment des enjeux climatiques est aujourd’hui lancée pour aboutir à un nouveau PLU d’ici 2023. En attendant, la Mairie ne peut user que d’un pouvoir de négociation pour tenter de modifier le projet en fonction des standards auxquels elles aspirent en matière d’urbanisme et d’environnement. C’est tout le travail que mène la Maire du 12e et son équipe, en lien avec la Ville de Paris, pour renégocier des projets moins denses, plus ouverts et plus végétalisés.

Netter-Debergue

Rappel du projet

Netter-Debergue est un projet immobilier de RATP Habitat portant sur une parcelle privée de 5000 m² où reposait jusque-là principalement une dalle de béton. RATP Habitat prévoit d’y construire 91 logements et une crèche, dans un secteur particulièrement déficitaire en la matière. L’objectif de cet aménagement est également d’agrandir de 2 500 m² le jardin Debergue-Rendez-vous qui jouxte le terrain.

Où en est-on ?

Le permis de construire de cette opération a été validé par la Ville de Paris en 2018. Un recours contentieux a été déposé en juillet 2018 par le collectif Netter-Debergue, riverain·es mobilisé·es contre le projet.
La Ville de Paris et la Mairie du 12e ont ainsi une marge de manœuvre relative s’agissant des opérations conduites sur ce site, dès lors que la RATP se conforme au droit et au Plan Local d’Urbanisme ; a fortiori compte tenu de ce que la délivrance du permis de construire, déjà accordé par la Ville, remonte à l’année 2018. La Ville se trouve dans l’incapacité de retirer un permis de construire déjà attribué. La RATP se trouve aujourd’hui dans son bon droit pour débuter les travaux, les recours ayant été purgés en novembre dernier suite à une décision du Conseil d’État du 5 novembre 2020 jugeant de la légalité du permis.
Conformément aux engagements pris auprès des habitants et des habitantes, la Mairie du 12e a rencontré la RATP à cinq reprises depuis le début de ce mandat pour tenter de renégocier un projet moins dense, plus ouvert et dont l’extension du jardin resterait la pierre angulaire. La Mairie du 12e a ainsi obtenu que les deux niveaux de parking soient abandonnés : une demande forte des riveraines et des riverains afin d’éviter des inondations dans leurs caves et autres nuisances pendant et après les travaux. Cette victoire est en cohérence par ailleurs avec la politique volontariste de diminution de la place de la voiture en ville qui constitue un enjeu de santé publique majeure. Toutes les marges de manœuvre, tant réglementaires que politiques ont ainsi été employées pour tenter de faire tendre ce projet vers les exigences écologiques auxquelles la Ville de Paris et la Mairie du 12e arrondissement aspirent fondamentalement.

Après avoir également rencontré à plusieurs reprises l’association de riverain.es, l’équipe municipale est particulièrement attentive à l’information faite aux habitantes et aux habitants. Un flash info de la RATP a été distribué en février et la RATP s’est engagée à communiquer régulièrement sur les différentes actions ayant lieu sur le chantier. Une adresse mail[projet-netter-debergue puis ratphabitat.fr après le signe @] ainsi qu’une ligne téléphonique d’astreinte (07 52 75 96 13) ont été mises en place pour recueillir les plaintes des riveraines et riverains. Un référé préventif est également en cours. Ce dernier permet de contrôler, à l’avantage des habitantes et habitants, les dégâts qui peuvent être occasionnés dans les parties communes pendant le temps des travaux et si elles sont constatées par le juge, d’y remédier immédiatement. C’est donc une mesure protectrice pour les habitant·es. La Mairie du 12e continue par ailleurs ses contacts réguliers avec les riverain·es.

Les Messageries

Rappel du projet

Le projet prévoit de reconvertir des halles ferroviaires de la SNCF inutilisées autour de la Gare de Lyon (temporairement aujourd’hui occupées par Ground Control) et leurs alentours. Sont prévus, pour le moment : plusieurs centaines de logements (dont 60% de logements sociaux et 20% de logements en loyer intermédiaire), des locaux d’entreprise, une crèche de 66 berceaux et une école de 8 classes, un parc public d’au moins un hectare, des espaces de promenade pour un quartier intégré dans le maillage urbain et de nombreux commerces de proximité.
Ce projet devra être inclusif et répondre à diverses problématiques urbaines comme à la pénurie de logements, a fortiori pour les familles de classes sociales modestes qui souhaitent vivre à Paris et emmener leurs enfants à la crèche avant de partir au travail le matin. Un groupe scolaire démonstrateur en matière de construction durable et de ville résiliente verra d’ailleurs le jour sur ce site.
Au-delà des constructions, il y aura bien sûr le jardin, conçu sur le modèle d’une coulée verte qui offrira une réelle opportunité pour rafraîchir le quartier. Ce projet sera par ailleurs l’occasion de repenser les espaces publics et les circulations et de faire bénéficier à de nombreux habitantes et habitantes du 12e d’un nouveau grand espace de respiration où plus de 200 arbres seront plantés.

Où en est-on ?

Le permis d’aménager concernant la première phase du projet a été validé par la Ville le 25 novembre 2019. Aucune demande de permis de construire n’a encore été déposée. La première demande de permis devrait être déposée prochainement, et concernera le lot B1, qui prévoit majoritairement des bureaux, mais aussi deux grands commerces et des espaces de logistique urbaine permettant d’assurer la logistique du dernier kilomètre.
Sur cette opération, chaque permis de construire déposé devra faire l’objet d’un travail avec l’aménageur afin que chaque nouvelle construction soit à l’image des grands enjeux portés par la mandature écologiste et en accord avec le futur PLU Bioclimatique.
La Maire du 12e, Emmanuelle Pierre-Marie, s'était engagée à faire du projet Les Messageries un projet vertueux sur le plan environnemental et humain. Cette démarche est animée par une exigence d’une très haute qualité d’habitat, d’insertion dans le quartier, tout en adaptant ce projet aux défis climatiques.
A la demande des élu·es, parmi les modifications apportées au projet ces derniers mois, la Mairie du 12e compte notamment :
  • L’augmentation à 30% de pleine terre du jardin et à 50% la surface végétalisée du projet.
  • Le lancement en mars dernier d’une Évaluation d’Impact Santé (EIS), de 6 mois dont les recommandations doivent contribuer à maximiser les impacts positifs de ce projet sur la santé. Le rapport final de cette EIS est attendu pour septembre. Ces études ne sont pas obligatoires et relèvent d’une démarche qui reste exceptionnelle à Paris.
  • Une intensification des espaces de dialogue : le projet n’est pas encore figé, le paysage architectural, les gabarits, les matériaux sont notamment encore à définir, en lien avec les habitant·es. C’est le sens des ateliers de travail qui seront proposés par Espaces Ferroviaires tout du long du projet.
Le travail se poursuit donc sur ce projet. Des nouveaux ateliers autour des usages du jardins, des projets architecturaux et la restitution des résultats de l’EIS seront bientôt organisés.

Charenton-Meuniers

Rappel du projet

La résidence Paris Habitat de Charenton-Meuniers n’apparaît plus en phase avec les enjeux actuels en matière d’habitat et d’urbanisme : passoires thermiques, ruptures urbaines, parcelle très minérale avec un parking automobile de surface, absence d’espaces collectifs extérieurs, etc. C’est dans ce contexte que s’est engagé depuis plusieurs années déjà un vaste de projet de rénovation de l’ensemble du paysage urbain, dans une logique somme toute vertueuse.
Le projet comprend la rénovation des 500 logements existants, la construction de nouveaux logements, d’une résidence intergénérationnelle, d’une crèche et l’installation de nouveaux commerces au rez-de-chaussée. Un projet paysager est prévu avec à terme plus de 250 arbres sur la parcelle.

Où en est-on ?

Le permis de construire du premier lot, qui prévoyait 22 logements, l’enfouissement des stationnements automobile de surface et une crèche de 66 berceaux, a été accordé par la Ville de Paris en décembre 2017. Un recours a été déposé pour le contester mais débouté par le tribunal administratif. Le démarrage du chantier a été demandé en juillet 2020 par Paris Habitat, et finalement reculé à la demande de la Mairie du 12e pour laisser du temps à l’information des riverain.es. Elles et ils ont été par ailleurs reçu·es par la Maire du 12e le 15 septembre 2020, en amont d’une première réunion publique qui s’est quant à elle tenue le 22 septembre, puis une seconde en décembre 2020. Le chantier a finalement débuté en janvier 2021 et le gros-œuvre pour le lot A doit se terminer en octobre 2021.
Si le lot A n’est plus modifiable en l’état actuel, des marges de manœuvre restent possibles pour le lot B comportant notamment une résidence intergénérationnelle importante et des logements. Paris Habitat reprend les études durant ce deuxième trimestre. Elles prendront en compte les demandes d’amélioration du programme issues de nos échanges avec les habitant·es et la Mairie du 12e arrondissement et dans le respect des choix élaborés lors des ateliers de co-conception. Aussi, il est prévu d’atteindre des objectifs plus ambitieux en termes de performances énergétique et environnementale notamment sans nouvel abattage d’arbre. Dès septembre prochain, Paris Habitat présentera le projet revisité.
Un premier Flash Info a été communiqué en novembre 2020. La possibilité d’accueillir sur site les personnes intéressées par le projet la maison du projet pour permettre d’échanger n’est malheureusement pas possible, pour des raisons sanitaires. Aussi, Paris Habitat a diffusé en mai 2021 un nouveau Flash Info.

42/50 Rue de Picpus

Rappel du projet

Le projet initial porté par le promoteur privé Emerige prévoit d’utiliser l’ancienne concession du Garage Renault-Nissan, installé sur une parcelle d’un hectare rue Picpus, pour construire 12 immeubles d’habitation de 3 à 12 étages, accueillant des bureaux, des logements, une crèche, des commerces en rez-de-chaussée.

Où en est-on ?

Après une première rencontre en juillet entre le promoteur et Emmanuel Grégoire, Premier adjoint à la Maire de Paris en charge de l’urbanisme, un nouveau rendez-vous a eu lieu, cette fois avec Emmanuelle Pierre-Marie, Maire du 12e arrondissement, et Nicolas Rouveau, Adjoint de la Maire du 12e en charge de l’urbanisme durable et de la ville résiliente. À l’issue de ces rencontres, le retrait du précédent permis de construire a été obtenu ainsi que le lancement d’une concertation avec les habitant·es du quartier avant le dépôt d’un nouveau permis de construire prévu pour la fin de l’année 2020.
L’objectif est de redéfinir le projet en faveur d’un jardin public généreux ouvert au public, de hauteurs du bâti revues à la baisse et d’une traversée de la rue de Picpus vers la rue de Reuilly.
Après avoir retiré son permis de construire, et suite à la réunion publique du 30 septembre dernier qui a réuni une centaine de personnes en Mairie du 12e arrondissement, Emerige a accepté d’entamer un travail avec les riverain·es. Des ateliers de travail ont eu lieu entre les habitant·es, le Conseil de quartier, le promoteur et la Mairie du 12e. En tout, cinq ateliers ont eu lieu, dont un dédié à la question de la pollution du site.
Le dernier atelier de la série a eu lieu en présence d’Emmanuelle Pierre-Marie et d’Emmanuel Grégoire le 17 mars dernier. Les avancées sur le projet seront présentées à l’occasion d’une restitution finale qui devrait se tenir avant l’été 2021.
Grâce à ce travail, plusieurs avancées ont été obtenues, à commencer par la baisse de la densité du programme et l’espace libre au sol plus important, permettant notamment d’offrir un nouvel îlot de fraîcheur ouvert sur le quartier.
Le projet immobilier qui verra le jour devra également être le plus vertueux possible sur le plan environnemental. L’équipe souhaite pour le 12e arrondissement des immeubles avec une très haute qualité d’habitat et qui s’adaptent aux défis climatiques. Ce projet devra s’inscrire le plus possible dans ce que sera le futur PLU bioclimatique dont la révision est engagée et à laquelle chacun et chacune peut prendre part.

Bercy-Charenton

Rappel du projet

Sur un terrain de 80 hectares, le projet prévoyait de construire un nouveau quartier, comprenant notamment 6 tours, dont une de 180 mètres de haut, dans lesquelles 40% des 580 000m² auraient été consacrés à des bureaux et 50% à des logements. Trois crèches, trois écoles, un collège, un gymnase, une piscine et un équipement culturel étaient également prévus. Ce projet comportait également des enjeux de logistique urbaine, avec 45 000m² d’hôtel logistique, servant à acheminer des marchandises.

Où en est-on ?

Suite à la campagne municipale et à la prise de fonction du nouvel exécutif du 12e, une remise à plat totale du projet a été décidée, pour établir une nouvelle méthode de concertation avec les habitant·es.
Ce projet représente une des dernières grandes emprises aménageables à Paris et offre l’occasion de créer un nouveau morceau de ville, d’ouvrir des liaisons essentielles à la croisée des quartiers existants du 12e, du Bois de Vincennes mais aussi du 13ème arrondissement et de la Ville de Charenton-le-Pont autour d’une ambition métropolitaine.
Les attentes sont fortes autour de ce projet, car il doit devenir un terrain d’expérimentation afin de définir une nouvelle façon de faire la Ville de demain : plus résiliente, inclusive, plus sobre et mieux ancrée dans son territoire.
Volonté commune d’en faire un projet encore plus vertueux, tant au plan environnemental qu’humain. Les élu·es du 12e souhaitent encourager un urbanisme qui crée de la fraîcheur et de la végétalisation, qui porte des innovations constructives afin de répondre à l’urgence climatique, qui offre à chacun et chacune des espaces pour se ressourcer, respirer et partager.
Pour impliquer les citoyens et citoyennes concerné·es par le futur quartier, un Comité citoyen est constitué à partir d’un panel de volontaires tiré·es au sort, échantillon représentatif de la population. Son rôle et son mandat sera d’interroger le projet urbain afin de tenir compte des attentes des habitants et habitantes : enjeux environnementaux, climatiques, enjeux de santé, transports… Ce Comité proposera des améliorations au projet ainsi qu’un avis qui devra être pris en compte. Le Comité Citoyen, après une séance introductive qui aura lieu le 29 mai se réunira en plusieurs séances de travail et de rédaction en commun avant de remettre son avis courant juillet. Après délibération du conseil de Paris, une concertation règlementaire sera ouverte à toutes et à tous.
En attendant que la concertation soit menée et que le calendrier de la ZAC se dénoue, la Ville de Paris, en partenariat avec son aménageur, la SEMAPA, SNCF Immobilier et Espaces Ferroviaires, ont lancé un appel à projet pour investir le site d’autres activités. Ce projet d’urbanisme transitoire devra permettre de faire découvrir l’endroit aux Parisiennes et aux Parisiens qu’ils s’approprient eux aussi le site en participant au développement et à la préfiguration de ses futurs usages.
Le projet retenu, porté par l’association Yes we camp, Plateau Urbain, l’association Coup de pousses et Ancoats sera un lieu culturel, festif et résolument tourné vers l’économie sociale et solidaire qui accueillera les Parisien·nes et les métropolitain·es dès le mois de juillet. Le projet s’étend sur une surface totale de 1 hectare dès cette année pour une période d'au moins 2 ans.

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