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Gestion des arbres dans le 12e : les motifs d’abattage

Mise à jour le 23/04/2021
Ce premier semestre 2021 connaît une campagne d’abattage d’arbres plus importante que d’habitude dans les rues et jardins de Paris. En cause : un rattrapage dû à la crise sanitaire et à l’impossibilité pour les équipes de la Ville de travailler pendant le premier confinement.
Le 12e arrondissement de Paris compte à lui seul près de 13 200 arbres, hors Bois de Vincennes, dans les rues, les espaces verts et les équipements municipaux : ils bénéficient tous d’une attention particulière et d’un suivi phytosanitaire individuel. Malheureusement, chaque année, les équipes de la Ville sont amenées à abattre certains arbres parce qu’ils développent des maladies et constituent un danger pour les passant·es.

Un suivi individuel de chaque arbre parisien

Les agent·es sylvicoles de la Ville de Paris assurent un suivi individuel des 200 000 arbres présents dans l’espace public. Chaque arbre dispose ainsi d’un “carnet de santé informatique”, qui regroupe les informations concernant son entretien et son état de santé. Tous les ans, des campagnes annuelles de surveillance phytosanitaires permettent de veiller au bon état du patrimoine arboré et de détecter les arbres morts, dépérissant et dangereux.
En complément, environ 20% des arbres font l’objet d’un diagnostic phytosanitaire complet chaque année (évaluation de l’état physiologique, du pourcentage de bois sain, des défauts des racines, collet, tronc et houppier, des pathogènes, etc). Des outils de détection permettent de repérer les éventuels défauts internes du bois. Si dans un milieu naturel, la vie d’un arbre se fait généralement sans intervention de l’être humain, ce n’est pas le cas en ville. L’année est rythmée par des périodes de plantation, de travaux d'élagages, mais aussi des périodes d’abattage.
Une tablette tenue par deux mains photographie un arbre pour le suivi sylvicole grâce à une application
Le contrôle des arbres se fait grâce à une tablette tactile par les équipes de la Direction des espaces verts et de l'environnement.
Jean-Baptiste Gurliat / Ville de Paris
Personne n’abat un arbre par plaisir. Si les services de la Ville procèdent chaque année à des abattages, c’est avec regret et dans le but d’assurer la sécurité des habitant·es et l’entretien de notre précieux patrimoine arboré. A Paris, entre 1 à 1,5% des arbres sont abattus chaque année pour des raisons phytosanitaires : ce taux est sensiblement le même que celui de grandes villes françaises ou européennes, telles que Lyon ou Berlin. La décision d’abattre un arbre intervient quand plus aucune alternative n’est possible. L’arbre abattu sera remplacé par un autre arbre de 10 à 12 ans. Une grande partie de ces jeunes arbres est issue du centre de production horticole parisien : un site de production de végétaux unique au monde.

Des arbres coupés en dernier recours

Dans la majorité des cas, quand il n’est pas possible de couper simplement une branche malade, les services de la Ville prennent la décision d’abattre un arbre pour protéger le public de possibles chutes de branches ou de la totalité de l’arbre. Une autre des raisons principales est la prévention : un arbre malade détecté tôt et abattu ne contaminera pas les arbres alentour. Lorsqu’un arbre est malade, une vision d’ensemble est nécessaire : abattre un arbre malade peut potentiellement sauver des dizaines d’autres arbres. C’est particulièrement important dans une ville comme Paris où certaines avenues ne sont plantées que d’une seule essence ; un virus infectant les platanes ou les marronniers serait catastrophique pour toute la ville.
Les arbres abattus sont ensuite recyclés en broyat, utilisés comme paillage dans les espaces verts, les cheminements des bois et les composteurs. Si leur bois est suffisamment sain, il pourra également être utilisé dans la confection du mobilier urbain.

Des critères délimités pour décider d’un abattage

Les motifs pouvant conduire à l’abattage d’un arbre sont les suivants :
  • Si un agent pathogène lignivore est détecté sur l’arbre. Il s’agit d’un insecte, d’un champignon ou d’une larve qui se nourrit de bois. Quand il se trouve sur un arbre, il peut donc conduire à le dégrader fortement en partie aérienne ou souterraine. Il contient alors un foyer de pourriture et/ou des cavités dans le bois. Cela peut entraîner un risque élevé de rupture de branches ou de chute et poser des problèmes de sécurité pour les passant·es.
  • Si un jeune arbre planté récemment ne se développe pas et qu’il commence à dépérir.
  • Si l’arbre est déstabilisé ou déraciné, soit à cause de travaux alentours, soit à cause d’épisodes météorologiques exceptionnels ou prolongés (vent, pluies, tempête, foudre, crue), ce qui pourrait entraîner sa chute.
  • Si l’arbre est détruit ou est entré en déclin irréversible, soit par manque de lumière, soit à cause d’autres phénomènes extérieurs tels que la nature du sol ou du climat local ou encore des chocs, le feu, une pollution du pied d'arbre ou du vandalisme, ce qui pourrait entraîner sa chute.
  • Si le développement de l’arbre détériore le milieu urbain dans lequel il se trouve, comme par exemple des sépultures dans les cimetières, des pistes cyclables ou des trottoirs.
  • Si l’arbre possède un foyer d’agents pathogènes nuisibles pour l’être humain.

Le défi de la nature en ville face au dérèglement climatique

Le climat parisien change, à l’instar du climat de l’ensemble de la planète. Les épisodes caniculaires se multiplient. Les sécheresses, et un climat favorable à certains insectes, tels les scolytes, fragilisent les arbres. C’est un défi de taille pour les équipes municipales chargées de prendre soin des arbres de la capitale !
Si le choix d’espèces locales restent prioritaires, notamment dans les parcs et les jardins, puisque leurs floraisons, leurs fruits ou leurs graines s’intègrent dans l’équilibre délicat des chaînes alimentaires favorisant la biodiversité, le dérèglement climatique et ses effets sont également un facteur important à prendre en compte dans le choix des espèces à planter.

Une étude “arbre et climat” est actuellement menée afin d’adapter le choix des espèces d’arbres à l’évolution du climat, pour qu’ils souffrent moins lors des épisodes de sécheresses, qu’ils vivent mieux et plus longtemps. Diversifier les espèces est également parfois souhaitable, afin de mieux protéger les arbres contre les maladies

Manon Havet
adjointe en charge de la transition écologique, des espaces verts et de la condition animale
L'arbre sain qui cache la forêt malade : l’exemple du platane du 182 avenue Daumesnil
Lors des tournées de surveillance, les diagnosticien·nes sylvicoles procèdent à un examen visuel attentif de toutes les parties de l’arbre (racines apparentes, base du tronc, tronc, charpentières et branches), afin de relever, avec précision, les soucis constatés et leur gravité. En complément, les équipes frappent le tronc, à l’aide d’un maillet ; le son produit leur permettant d’évaluer la présence de cavité et le pourcentage de bois sain (en cas de doute, un sondage peut être réalisé à l’aide d’un outil appelé résistographe).

Au 182 de l’avenue Daumesnil, le platane à cet endroit semblait être en bonne santé et ne présentait visuellement aucun défaut, hormis une légère blessure sans gravité au tronc. Grâce à l’examen du diagnosticien, l’arbre a révélé être creux, ce qui pouvait entraîner sa chute imminente. Il a donc été choisi de l’abattre à la fin de l’année 2019. Il a été remplacé depuis par un arbre plus jeune et en bonne santé. Un arbre présentant de graves défauts et donc un risque de chute totale ou partielle peut donc étonnamment garder un aspect feuillu et fleuri.
Zoom sur le tronc d'un arbre coupé qui présente un trou important sur toute sa longueur.
Au 182 de l'avenue Daumesnil, cet arbre, pourtant feuillu et sain de l'extérieur, était complètement rongé de l'intérieur, menaçant une chute dans l'espace public.
Ville de Paris

Un nombre stable d'arbres abattus par année, avec un effet de report en 2021

Dans le 12e arrondissement (hors Bois de Vincennes), on compte actuellement 7963 arbres plantés dans les rues (dits “arbres d’alignement”) et 3351 dans les 42 parcs et jardins et les 5 cimetières. Les chiffres d’abattage annuels sont légèrement inférieurs à la moyenne parisienne. Le nombre d’arbres abattus est globalement stable ; les légères variations d’années en années peuvent s’expliquer principalement par des épisodes climatiques particuliers (vents violents, canicules, etc.) ou cette année, par la crise sanitaire.
Année de tournée de surveillance* Nombre d'abattages
(arbres de rue)
Pourcentage
(arbres de rues)
Nombres d'abattages
(arbres des jardins)
Pourcentage (arbres des jardins)
2020 + 2019 165
2,07 % 82 2,4 %
2018 110 1,4 % 31 0,93 %
2017 108 1,4 % 30 0,90 %
2016 67 0,84 % 35 1,1 %
2015 83 1,0 % 26 0,77 %
Année de tournée de surveillance*
2020 + 2019
Nombre d'abattages (arbres de rue)
165
Pourcentage (arbres de rues)
2,07 %
Nombres d'abattages (arbres des jardins)
82
Pourcentage (arbres des jardins)
2,4 %
2018
Nombre d'abattages (arbres de rue)
110
Pourcentage (arbres de rues)
1,4 %
Nombres d'abattages (arbres des jardins)
31
Pourcentage (arbres des jardins)
0,93 %
2017
Nombre d'abattages (arbres de rue)
108
Pourcentage (arbres de rues)
1,4 %
Nombres d'abattages (arbres des jardins)
30
Pourcentage (arbres des jardins)
0,90 %
2016
Nombre d'abattages (arbres de rue)
67
Pourcentage (arbres de rues)
0,84 %
Nombres d'abattages (arbres des jardins)
35
Pourcentage (arbres des jardins)
1,1 %
2015
Nombre d'abattages (arbres de rue)
83
Pourcentage (arbres de rues)
1,0 %
Nombres d'abattages (arbres des jardins)
26
Pourcentage (arbres des jardins)
0,77 %
*L’année de tournée de surveillance correspond à l’année où les diagnostics sont effectués par les équipes de la Ville. Si des abattages sont décidés, ils le sont pour l’année suivante, dans la période la plus propice.

En 2021, les services doivent malheureusement abattre un nombre plus important d’arbres qu’en 2020. En cause : un “rattrapage” de l’année précédente. Alors que l’abattage se fait en règle générale en début d’année, le confinement et les conditions sanitaires ont empêché en 2020 les équipes des espaces verts de travailler. Aux arbres qui auraient du être abattus l’année dernière s’ajoutent donc les arbres qui doivent être abattus cette année.
Cette année, dans le 12e, 92 arbres d'alignement et 82 arbres dans les parcs et jardins doivent être abattus en raison de leur état de santé et/ou du risque qu'ils représentent.
En ce qui concerne les arbres d’alignement :
  • 46 présentent des maladies
  • 25 arbres sont en déclin physiologique irréversible pour des raisons climatiques ou à cause d’épisodes météorologiques exceptionnels ou prolongés, et parfois pour des motifs liés à leur environnement local (défauts du sol, notamment).
  • Tandis que 16 jeunes arbres récemment plantés n'ont par ailleurs pas pris, du fait des conditions météorologiques ou de dégradations humaines.
  • 3 arbres sont en déclins irréversibles à cause de dégradations dues à du vandalisme, de l’écorçage, des chocs etc
  • 2 arbres sont déstabilisés ou déracinés au niveau de leurs racines
Au sein des parcs et jardins :
  • 53 sont en déclin physiologique irréversible pour des raisons climatiques ou à cause d’épisodes météorologiques exceptionnels ou prolongés, et parfois pour des motifs liés à leur environnement local (défauts du sol, notamment).
  • 11 présentent des maladies.
  • 5 sont dépérissants parce qu’ils manquent de lumière.
  • 3 arbres sont en déclins irréversibles à cause de dégradations dues à du vandalisme, de l’écorçage, des chocs, etc.
  • Un jeune arbre n’a pas pris.
  • A cela s'ajoutent 7 arbres qui seront abattus parce qu’ils entraînent des dégradations trop importantes (trottoirs, sépultures, etc).
S’ils s’expliquent toujours, les abattages peuvent susciter de vifs émois, bien compréhensibles au vu de l’attachement des Parisien·nes aux arbres, qui font partie de notre histoire et de notre environnement quotidien. Pour mieux faire comprendre les raisons qui poussent à ces abattages phytosanitaires, la ville de Paris souhaite améliorer la manière dont elle communique les informations aux habitant·es et aller vers encore davantage de transparence. Dès l’automne, une carte interactive et complète des abattages sera mise en ligne. Des affiches seront installées sur les arbres identifiés comme présentant un risque de chute ou de maladie, avec un flashcode permettant d’obtenir des informations précises sur son état.
Savez-vous ce qu’est l’indice de canopée ?
La part de la végétation dont la hauteur dépasse 3 mètres dans l’espace public offre un ombrage qui participe à la réduction de l’effet d’îlot de chaleur urbain. Cet ombrage est calculé sous la forme d’un « indice de canopée » qui évalue la part de surface couverte par la surface de feuillage de ces arbres. L’indice de canopée des rues du 12ème arrondissement est de 20,3 %, hors bois. Il est très supérieur à l’indice de canopée des rues parisiennes estimé à 18,2 %. Les principaux parcours bénéficiant de l’ombrage frais de la canopée sont l’avenue Daumesnil et le boulevard Diderot, traversant l’arrondissement. Ce sont aussi, plus localement, l’avenue de Saint-Mandé, la rue de Lyon, la rue Crozatier et le passage Jacques Girard, ainsi qu’une portion de la rue de Reuilly.

Des objectifs ambitieux de plantation

Une fois l’arbre abattu, il faut en replanter un autre. C’est tout le travail effectué par les agent·es municipaux, qui font appel notamment au Centre de production horticole de la Ville de Paris. Mais au-delà, la mandature a des objectifs très ambitieux pour augmenter significativement le nombre d’arbres à Paris.

D’ici 2026, nous voulons planter 170 000 arbres à travers la ville. De plus, il est de notre responsabilité de veiller à protéger et à préserver au maximum les arbres existants. Dans cette optique, nous travaillons actuellement à l'échelle de Paris à la mise en place d’une charte de l’arbre.

Manon Havet
adjointe en charge de la transition écologique, des espaces verts et de la condition animale
3 employés de la Ville plantent un arbre Avenue Daumesnil
Avenue Daumesnil, 3 agents de la Villes plantent un arbre sur les nouvelles continuités végétalisées.
Clément Dorval / Ville de Paris

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