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Projet 42-50 rue de Picpus : on en est où ?

Mise à jour le 06/05/2021
Le quartier Nation-Picpus évolue et avec lui la parcelle située au 42-50 rue Picpus. Le gigantesque garage Renault cèdera sa place à un ensemble immobilier. Ce projet est mené par le promoteur Emerige. Alors que la Ville n’est pas propriétaire du site, la Mairie du 12e arrondissement a malgré tout son rôle à jouer pour rappeler ses exigences écologiques dans la construction de la ville de demain et permettre une conciliation entre toutes les parties. Où en est-on de ce projet qui transformera ce coin du 12e ?

Un projet initial peu en phase avec l’impératif écologique

Le projet initial porté par le promoteur privé Emerige, qui a déposé un premier permis de construire début 2020, prévoyait d’utiliser cette parcelle d’un hectare pour construire 12 immeubles d’habitation de 3 à 13 étages, accueillant des bureaux, des logements, une crèche, des commerces en rez-de-chaussée et une place végétalisée. Dès le début de la mandature, dans la lignée de ses engagements de campagne, l'équipe municipale du 12e a exigé du promoteur de retirer sa demande de permis de construire. L'objectif affiché d'Emmanuelle Pierre-Marie, Maire de l'arrondissement, est en effet d’aller vers une dédensification du bâti, d'imaginer un grand jardin ouvert au public et d’ouvrir un passage entre la rue de Picpus et celle de Reuilly. Un travail sur les matériaux pour respecter le Plan Climat et les objectifs de la Stratégie de Résilience de la Ville de Paris doit aussi être réalisé. Tout cela doit être un travail commun, collectif et transparent avec les riverain·es.
La parcelle vue du ciel aujourd'hui
Capture d'écran Google Maps

Où en est-on ?

Suite aux négociations entamées par la Mairie et grâce à l’influence des riverain·es, Emerige, propriétaire du site, a finalement accepté de retirer son permis de construire initial le 9 septembre 2020 pour en présenter un nouveau dans les prochains mois, après une phase de travail avec les riverain·es et la Mairie. Pour ce nouveau permis de construire, Emerige devra trouver un compromis qui alliera dédensification du projet, exigences environnementales et équilibre financier du projet pour le promoteur.
Au cours des discussions avec celui-ci, avant même un deuxième dépôt de permis de construire, l’équipe municipale a déjà obtenu plusieurs garanties au sujet du futur projet :
  • Un jardin de pleine terre sera ouvert au public en journée.
  • Une crèche accueillera 33 berceaux minimum.
  • Toutes les activités actuelles du garage seront supprimées et déplacées sur un autre site.
  • Une placette fera face au nouveau campus de La Sorbonne-Nouvelle, université qui ouvrira ses portes courant 2021.
  • La structure métallique actuelle, conçue par l’architecte Roland Schweitzer sera en partie conservée, de même que la “Maison Mariani”, située à côté du garage.
  • Un passage sera créé entre les rues de Reuilly et de Picpus.
  • Il sera opéré une baisse de 13 à 10 étages maximum pour les bâtiments les plus hauts et une baisse de l’ensemble des bâtiments (alors que le PLU actuel autorise des constructions de 13 niveaux).
  • Comme dans le projet initial, 60% des logements seront dédiés au logement social.

Le rôle de la municipalité

Le terrain étant la propriété du promoteur immobilier Emerige, le projet doit respecter le Plan Local d’Urbanisme (PLU). Mais la Mairie du 12e souhaite aller bien plus loin dans les ambitions environnementales du dossier. Si la Ville était propriétaire, elle pourrait mener le projet comme elle l’entend en concertation avec les riverain·es. Portée par un collectif de résident·es mobilisé·es, elle peut toutefois jouer pleinement son rôle de négociatrice. Interface entre les différent·es acteurs et actrices du dossier, Emmanuelle Pierre-Marie, élue Maire en juillet 2020, ainsi qu’Emmanuel Grégoire, Premier Adjoint à la Maire de Paris en charge de l’urbanisme, ont obtenu la révision d’un premier permis de construire, qui, bien que conforme au cadre réglementaire défini par le PLU, ne satisfaisait pas aux exigences écologiques et sociales de la majorité. La volonté de l’équipe municipale est de pousser le promoteur à aller au-delà du Plan Local d’Urbanisme actuel, qui est pour le moment obsolète au regard des enjeux climatiques et de biodiversité, mais qui est pour autant le cadre réglementaire contraignant principal pour le promoteur.

Au-delà de la réglementation

Sur ce sujet comme sur d’autres, l’équipe municipale du 12e arrondissement est proactive et ne se satisfait pas de la simple conformité à la réglementation en vigueur. Considérant que le PLU actuel, mis en place en 2016, n’est plus assez exigeant quant aux standards écologiques, mais constatant qu’il n’est pas possible d’attendre la fin du travail de révision entamé par la Ville de Paris pour mettre en place son premier PLU bioclimatique, la Maire du 12e arrondissement pèse de tout son poids pour que le promoteur s’engage davantage sur les impératifs écologiques en termes de construction, de même que sur la hauteur des bâtiments qu’elle aimerait voir sensiblement réduits.
Ainsi, grâce aux négociations entamées par la Maire et à la mobilisation des citoyen·es concerné·es, il a notamment été obtenu que, dans le projet final, un jardin soit accessible à toutes et tous en journée alors même qu’il sera situé sur un terrain privé. Havre de fraîcheur bienvenu pour un site aujourd’hui îlot de chaleur urbaine, il permettra aux Parisien·nes de moins subir les épisodes météorologiques extrêmes liés au dérèglement climatique.
Le permis de construire : comment ça se passe ?
Lorsqu’un permis de construire est déposé, il est instruit par les services techniques de la Ville de Paris pour vérifier sa conformité vis-à-vis du Plan Local d’Urbanisme et du code de l’urbanisme. D’autres instances étudient également le dossier ; c’est le cas par exemple de la Préfecture de police de Paris, qui rend un avis sur l’aspect sécurité du dossier.
Une fois cette étape passée, et si le permis respecte bien la réglementation en vigueur, la Ville peut rendre un avis favorable ; le permis de construire doit être affiché sur site dès son obtention pendant deux mois minimum. Dans ce laps de temps, les riverain·es ont la possibilité de déposer un recours gracieux s’ils ou elles le jugent nécessaire. Celui-ci peut ensuite se transformer en contentieux après une première réponse de la Ville.
Dans le cas du projet 42-50 Picpus, le promoteur immobilier avait dans un premier temps déposé un permis de construire conforme au Plan Local d’Urbanisme. Après négociations avec les élu·es de la majorité, et devant la mobilisation des riverain·es contre le projet, il a accepté de le retirer pour travailler un nouveau projet en concertation avec les parties prenantes. Il présentera un nouveau permis de construire qui devrait être déposé avant l’été.